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Gastroentérologie
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Léa Meunier

Communication Manager — Resilience Care

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JFHOD : Vers un suivi innovant et personnalisé des MICI

Les dernières sessions des JFHOD ont permis de dresser un état des lieux des pratiques de soins dans les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI). Entre l'émergence de nouveaux outils de suivi non invasifs et les défis de la médecine de précision, découvrez les messages clés pour optimiser le parcours de soins des patients.

April 2, 2026

3 minutes

Le congrès des JFHOD a rassemblé experts et cliniciens autour d'une ambition commune : transformer la prise en charge des MICI. À travers les plénières et les ateliers, un consensus s'est dégagé sur la nécessité d'un suivi plus étroit, plus équilibré et mieux adapté au profil de chaque patient.

Voici les enseignements clés et les perspectives d'actions à retenir de cet événement pour affiner l'accompagnement des patients atteints de MICI.

I. L’équilibre thérapeutique : éviter les extrêmes

Le principe central appuyé durant ce congrès est la recherche de l'équilibre thérapeutique. L’enjeu est double : éviter le sur-traitement pour limiter les effets indésirables tout en évitant le sous-traitement qui risquerait de laisser progresser la maladie sans contrôle.

  • Le suivi plutôt que l'intensité : pour l’exemple d’une maladie de Crohn légère, le message est clair : il ne faut pas engager trop vite le patient dans un traitement lourd (type thérapies avancées). Une surveillance étroite combinée à des corticoïdes est souvent préférable à une escalade immédiate.
  • La fenêtre d’opportunité : il existe un laps de temps crucial de quelques mois après le diagnostic pour agir. Un traitement précoce et adapté peut modifier radicalement l'évolution de la maladie. Pourtant, encore 20 % des patients subissent un retard diagnostique.

II. Le duo gagnant : échographie et calprotectine

Les échanges ont mis en lumière une évolution des outils de suivi, avec un intérêt marqué pour l'association de deux examens non invasifs et reproductibles.

La calprotectine fécale : l’outil central

Utilisée pour le diagnostic, le suivi et l’aide à la décision, elle permet d'espacer les coloscopies dans certaines situations ciblées. Un seuil de 50–100 µg/g est aujourd'hui discuté pour exclure une maladie de Crohn active.

L'avenir de cet outil semble s'orienter vers une utilisation à domicile, une option qui a suscité de nombreux échanges lors du congrès :

  • Pour le patient : une simplification du parcours de soins, un gain de temps et une meilleure acceptabilité du suivi, favorisant ainsi l’observance.
  • Pour l’organisation des soins : une détection plus précoce des poussées et une adaptation thérapeutique plus rapide. Cette approche s’inscrit aussi dans une démarche de responsabilité sociétale (RSE) en réduisant les déplacements et l'empreinte carbone associée.
  • Un modèle éprouvé : des retours d'expérience internationaux, notamment au Danemark, confirment la bonne intégration de ce dispositif dans le suivi régulier des MICI.

L’échographie digestive : une montée en puissance

Longtemps perçue comme complexe, l’échographie digestive est devenue plus accessible, performante et bien acceptée par les patients. Il existe cependant un enjeu de formation : si le bénéfice de cet examen est majeur, sa généralisation se heurte parfois au manque de disponibilité en radiologie. La création de formations dédiées (comme le DU d’échographie digestive d’Amiens) vise à la rendre plus ancrée dans les pratiques.

III. Médecine personnalisée : un horizon à atteindre

Si l'objectif reste de proposer « le bon traitement au bon patient », les experts rappellent que les MICI sont encore trop hétérogènes pour une personnalisation parfaite d'emblée.

  • Le défi de l'hétérogénéité : la variabilité des réponses thérapeutiques montre que nous sommes encore loin d'une stratégie prédictive systématique.
  • Les leviers futurs : l'enjeu est d'identifier des biomarqueurs et des profils de réponses spécifiques pour sortir des schémas de traitement uniformes.
  • L'adaptation comme solution : en l'absence de choix initial universellement efficace, la personnalisation passe aujourd'hui par l'adaptation rapide du traitement. Cela repose sur un suivi rapproché et une évaluation constante des facteurs de risque individuels (ex : tabagisme).

IV. La transition pédiatrie-adulte : un moment critique

Le passage du suivi pédiatrique à la médecine adulte est une période charnière qui nécessite une structure dédiée pour éviter les rechutes et les ruptures de soins.

  • Des risques identifiés pour chaque acteur : la transition cristallise des appréhensions multiples : la peur de l'inconnu et la prise de conscience de la chronicité pour le patient, l'angoisse de la séparation pour les parents, et un sentiment d'insécurité ou de fin de relation pour les soignants.
  • Une question de maturité : la transition ne doit pas se faire à un âge fixe, mais quand le patient est prêt (souvent après le bac, en période de rémission ou de situation stable stable).
  • Facteurs de succès : une préparation en amont, l’éducation thérapeutique, l'utilisation de questionnaires dédiés (ON TRAC, Good to Go) et un co-suivi entre le pédiatre et le gastro-entérologue adulte sont des leviers pour garantir la continuité des résultats cliniques.

Conclusion : les piliers de la prise en charge

En résumé, la stratégie actuelle s'articule autour de sept leviers :

  1. Priorité à un suivi rapproché plutôt qu'au seul choix de traitement initial.
  2. Juste équilibre pour éviter le sur et le sous-traitement.
  3. Combo échographie digestive + calprotectine comme levier non invasif de surveillance.
  4. Intervention précoce pour orienter positivement l’évolution de la maladie.
  5. Structuration de la transition enfant-adulte.
  6. Poursuite de la recherche pour une médecine de plus en plus personnalisée.
  7. Innovation organisationnelle via le suivi à domicile.

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